2 jours au Paradis

Il y a des sommets qui vous attirent, irrésistiblement… Et le Grand Paradis en faisait partie. C’est donc avec un grand sourire que j’ai répondu positivement lorsque mon oncle m’a proposé de réaliser ce sommet fin Avril à ski, et qui plus est, en famille (avec mon père et une cousine). Et cela tombait à pic, car j’avais un peu de temps à disposition et nous avions une fenêtre météo favorable de 2 jours.

Un nom plus qu’évocateur pour ce magnifique sommet 100% italien niché entre Piémont et Vallée d’Aoste à 4’061m. Car oui, une fois les derniers rochers franchis, posé à coté de la Madona, on ressent une plénitude totale. Et la vue sur les sommets voisins y est grandiose, Mont Blanc, Mont Rose, pour n’en citer que quelques uns.

Cette ascension était pour moi très symbolique, car je gravissais pour la 10ème fois un sommet de plus de 4’000 mètres. Cela ne restait certes qu’un chiffre, mais quel chiffre!

Le Grand Paradis est un sommet dit facile, car il ne comporte pas de difficultés techniques majeures. La voie normale se fait en 2 jours, en passant par le refuge Victor Emmanuel ou le refuge Chabot. En revanche, l’ascension reste longue, car ce ne sont pas moins de 1’300 mètres qui attendent les alpinistes le 2ème jour. Une bonne condition physique est donc nécessaire. L’ascension à ski n’est en revanche accessible qu’aux skieurs expérimentés, mieux vaut avoir les spatules sûres et savoir skier dans toutes les neiges :).

Nous nous retrouvons le 1er jour peu avant midi à Pont, dans le Val Savarenche (une équipe arrivant de Suisse et l’autre de Chamonix). L’objectif du jour est de rejoindre le refuge Victor Emmanuel. Après un bon pique-nique et quelques centaines de mètres à plat pour se chauffer les muscles, les ennuis commencent… nous nous retrouvons dans un mur raide, dans lequel se croisent les skieurs qui redescendent et ceux qui tentent de monter. Il y a peu de place, des cailloux, de la glace et la perspective d’une glissade sur quelques centaines de mètres m’est peu agréable… ni une ni deux, je mets les skis sur le sac à dos et chausse les crampons. La montée se fait du coup sans difficultés et m’aura évité quelques conversions aériennes (j’admire mon père et mon oncle qui eux ont décidé de tout monter à ski…). Les jeunes sont peu téméraires de nos jours! 😉 S’ensuivent une montée assez régulière et quelques bosses à franchir et nous arrivons au refuge dans l’après-midi.

J’adore les refuges italiens. On y mange généralement très bien et il y règne toujours une ambiance très conviviale! Au menu, il y a d’abord l’antipasti, suivi du primi piatti (souvent des pates :p) et lui-même suivi du secondi piatti (là je n’ai généralement déjà plus faim…) pour terminer sur le dolci. Le refuge est quasiment plein mais nous avons une agréable petite chambre à 4 lits. Ouf, je n’aurai qu’à supporter les ronflements de 3 copains de chambrée! Après quelques bières et un bon repas, nous partons nous coucher, la journée du lendemain sera longue…

Après une nuit (plutôt courte et peu réparatrice (mais en ce qui me concerne c’est souvent le cas en refuge!)), réveil à 5h30 pour un départ à 6h30. Royal! Beaucoup de cordées nous précèdent. Nous montons à un rythme tranquille mais régulier. Compte tenu de l’altitude, je n’ai aucune envie d’activer le turbo. Plusieurs cordées de jeunes skieurs alpinistes nous doublent, ils sont en pleine préparation physique. La neige est dure, les couteaux nous sont fort utiles.

Les pentes se succèdent, plus ou moins raides. Le soleil n’a pas encore pointé le bout de son nez et je sens le froid me glacer les os. Nous arrivons après plusieurs heures sur un replat, un immense sérac nous fait face, quelques centaines de mètres plus loin. Après une petite pause bien méritée, nous reprenons notre chemin, directions les pentes sommitales. Décidément je n’aime pas les conversions aériennes… et encore moins quand l’une de mes fixations saute et que mon ski se fait la malle… heureusement un gentil monsieur me viendra en aide pour rechausser. Sur une pente à 40°, pas si facile… ;p.

Au pied de l’arrête sommitale, il y a un monde fou! Nous nous encordons pour les dernières dizaines de mètres. L’arrête est en rocher, aérienne mais l’altitude est grisante, on en oublierait presque le vide qui nous côtoie. Et nous voilà enfin arrivés et heureux! Nous ne nous attardons pas et redescendons rapidement. La descente à ski est de toute beauté, même si la neige n’est pas fameuse… Mais qu’importe, nous sommes ravis d’être là!

Nous retournons au refuge Victor Emmanuel, le temps de casser la croute et de définir le reste des opérations. Nous devions initialement passer plusieurs jours au refuge et faire des randonnées en étoile mais la météo en a décidé autrement. Du coup, nous décidons de rentrer le jour même dans la vallée. Mais nous optons, sur les conseils du gardien, pour une descente par le vallon du Grand Etret. Grandiose! Et cela nous évite ce fameux couloir, qui doit être dans des conditions encore plus déplorables que la veille. Nous remettons les peaux pour 300m de montée mais pour ensuite une super descente dans laquelle nous nous faisons vraiment plaisir. Une fois arrivés au parking, nous nous délectons d’une dernière petite bière avant de reprendre la route 😉

Ce fut une magnifique sortie et je ne pouvais rêver d’un plus beau 10ème 4’000! J’avais peur de souffrir de l’altitude, mais l’ascension s’est finalement très bien passée. Elle clôture la saison de ski 2016-2017, qui aura commencé en grande pompe et se termine de la même manière.

  

 

 

 

 

 

 

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