Mes 10 plus belles sorties ski de rando en Valais

Vendredi soir, 17h 59 minutes et 43 secondes. Tic tac, tic tac. Tout excité à l’idée d’un magnifique week-end en montagne, vous êtes cependant en manque d’inspiration… Mais où partir ? En Valais bien sûr!

Le Valais a plus d’un atout dans son sac. C’est le pays du soleil (3’500 heures de soleil par an dit-on), de l’abricot (et de l’abricotine), des coteaux, du Cervin et des 4’000 (on en dénombre pas moins de 46). Les panoramas y sont uniques et à couper le souffle, le terrain de jeux incomparable et ravira aussi bien les amateurs de ski-alpinisme, de raid à ski, de pente raide que les novices.

Alors sans plus attendre, voici mes 10 itinéraires coup de cœur, par ordre d’inspiration (n’hésitez pas à compléter la liste dans les commentaires ;-)).

Les Monts Telliers, 2’951m -Val d’Entremont / Val Ferret

Commençons notre escapade non loin du col du Grand Saint Bernard, à la frontière avec l’Italie. Les Monts Telliers fait partie de ces grandes courses classiques, mais parfois très fréquentées – un dénivelé accessible de 1’000 m (seule la pente finale peut s’avérer un peu plus périlleuse), un itinéraire assez peu exposé aux risques d’avalanche et un panorama haute montagne superbe. On admire le Vélan et le Grand Combin à la montée, les Grandes Jorasses et le Mont Blanc à l’arrivée, et les sommets italiens voisins en toile de fond.

J’aime l’atmosphère qui s’en dégage, les paysages. Et j’ai beau y retourner chaque année, c’est à chaque fois une découverte et un émerveillement. Venir aux Monts Telliers, c’est aussi la possibilité de varier ses itinéraires : de s’arrêter au Col du Bastillon si les jambes ne suivent pas, de tenter la Pointe du Drone ou la Pointe des trois lacs si vous êtes friands de pentes un peu plus raides … ou de venir faire étape et de passer une nuit à l’hospice du Saint Bernard (dépaysement garanti dans un lieu hors du temps, à la force mystique). Ce sera l’occasion le lendemain de découvrir des sommets tels que le Mont Fourchon ou le Pain de Sucre.

Le Toûno, 3’017m – Val d’Anniviers

Partons le temps d’une randonnée sur les traces de la célèbre course de trail Sierre Zinal. Le Tounô, du haut de ces 3’017m, veille sur les charmants pâturages au-dessus du village de St-Luc. Le parcourt commence à la pension du Prilett et suit un chemin en forêt jusqu’au célèbre hôtel du Weisshorn.  Le cadre devient ensuite de plus en plus sauvage, le panorama, grandiose, s’ouvre devant nous. Il faudra ensuite poursuivre jusqu’au lac du Tounô puis gravir les dernières pentes, assez raides (jusqu’à 40°, renseignez-vous bien sur les conditions d’enneigement avant d’y aller). Pas de croix au sommet, mais un cairn et un banc (si si), qui vous permettra de profiter de la superbe vue sur 4’000 alentours et pourquoi pas de casser la croûte.

Le Rogneux, 3’083m – Val d’Entremont / Val de Bagne

Qui a d’ailleurs donné son nom à une célèbre course de ski alpinisme, bien connue. Le Rogneux, c’est le terrain des collants pipette ! Mais c’est qu’il faut avoir les jambes pour pouvoir affronter les 1’700m de dénivelé. Les moins téméraires pourront cependant faire étape à la cabane Brunet, afin de couper l’itinéraire en 2 étapes et le rendre plus accessible.

La randonnée commence au-dessus du village de Liddes, non loin de Verbier. La montée jusqu’à la cabane se fait en forêt, avec de jolies échappées sur la vallée et le fameux Bec des Rosses, bien connu des freeriders. Une fois la cabane atteinte, les combes s’enchaînent, le panorama s’ouvre, avec au premier plan la majestueuse face nord glacée du Petit Combin (c’est malheureusement aussi un lieu de dépose héliski…). L’itinéraire ne comporte pas de difficulté, seule l’arrête sommitale est un peu plus soutenue. Dans tous les cas, n’oubliez pas de vous arrêter à l’aller, au milieu ou au retour à la cabane, pour y déguster une croûte au fromage ou une délicieuse part de tarte 😉 .

Illhorn, 2’717m – Val d’Anniviers

Ces dernières années, les rando-parcs se sont développés à vitesse exponentielle. Les itinéraires proposés sont plus ou moins intéressants mais restent variés et ont le mérite d’exister. Certains d’entre eux sortent leur épingle du jeu, à l’instar de l’Illhorn que j’ai découvert cette année, itinéraire proposé par les domaines de St Luc / Chandolin. 

738m de dénivelé, un parcours facile, mais avec une vue 360° époustouflante au sommet (vous l’aurez compris, le paysage est un critère primordial dans le choix de mes randonnées ;-)). C’est le genre de parcours court mais gratifiant et agréable, que l’on fait, que l’on refait, toujours avec plaisir. Alors si vous passez dans le coin n’hésitez pas !

La Rosablanche, 3’336m – Val de Nendaz

Lorsque la neige se fait désirer en bas, il faut monter ! La Rosablanche est un sommet bien connu car il s’agit de l’une des étapes de la mythique course de ski alpinisme « Patrouille des Glaciers ».

L’itinéraire que je vous propose est celui au départ de Verbier, en empruntant le téléphérique des Gentianes. Puis direction le col de la Chaux, le lac du Petit Mont Fort, la tête et le col de Momin, et enfin le glacier du Grand Désert avant de rejoindre la Rosablanche. Le dénivelé n’est pas très important (500D+) mais les longueurs et les faux plats bien présents. En revanche, le cadre est absolument grandiose !

Le retour se fait par le même chemin (mais il faudra alors repeauter pour franchir le col de la Chaux). Une autre option sera de descendre sur Siviez.  Seul bémol, la Rosablanche est également un lieu de dépose héliski :-(.

La Fava, 2’612m – Vallée du Rhône

La Fava, exposée plein Sud, attire d’abord par son soleil généreux, fort appréciable durant les longs mois de l’hiver. Le profil de l’itinéraire, varié, est lui aussi séduisant. On serpente entre mazots, chalets, alpages avant de s’élever sur un terrain pommelé, pour atteindre après 1200D+ l’épaule finale (le sommet en tant que tel est à mon avis rarement accessible en hiver car trop risqué). Et la vue on en parle ? S’offre à vous les hauts sommets valaisans tels que le Cervin, la Dent Blanche, le Grand Combin, les aiguilles Rouge mais également le Mont-Blanc ou encore les Diablerets.

Avec un peu de chance (car qui dit plein Sud dit également conditions de neige beaucoup plus aléatoires), vous pourrez profiter d’une superbe descente dans la poudre. Car c’est aussi pour cela que l’on aime la Fava, des courbes très agréables à skier.

Pointe de Bellevue, 2’042m – Val d’Illiez

Son nom en faisait un sommet tout indiqué. Une belle vue, mais allons-y de ce pas ! La Pointe de Bellevue sera parfaite pour une initiation au ski de randonnée ou bien pour une sortie à la demi-journée. Le parcours est facile et le dénivelé très raisonnable (760D+). Le départ se fait depuis le village de Morgins. Comme son nom l’indique, le panorama au sommet n’est pas si mal… au programme, entre autres, vallée du Rhône et lac Léman. Au coucher du soleil, ce doit juste être magique !

Pointe de Vouasson, 3’489m – Val d’Hérens

En été comme en hiver, la région d’Arolla est un véritable paradis pour la randonnée. La Pointe de Vouasson fait partie de ces belles sorties gratifiantes. L’itinéraire est régulier mais long (1600D+), les pentes superbes à skier (en dessous de 30°) et le final amène une petite touche haute montagne.

Tout commence au lieu-dit de la Gouille. L’itinéraire suit ensuite le tracé d’été jusqu’au fameux lac Bleu (mais plutôt blanc en ce moment). Puis direction Remointse du Sex Blanc et le glacier de Vouasson. Ceux qui souhaitent prendre leur temps pourront couper l’itinéraire en deux en passant la nuit à la cabane des Aiguilles Rouges, et ainsi profiter d’un coucher et d’un lever de soleil dans un cadre grandiose. 

Vallon de Réchy – Val d’Anniviers

Le vallon de Réchy est une réserve naturelle suisse et un petit joyau de la nature. Des paysages intacts, une faune et une flore riches, s’y aventurer est un véritable bonheur.

Les itinéraires sont multiples, je vous conseille d’aller jusqu’au lac Louché et pourquoi pas de poursuivre jusqu’à la cabane des Becs de Bosson (2’983m), si les conditions le permettent (attention aux risques d’avalanche) et si vos jambes suivent (car il y a quelques longueurs).

Le départ se fait depuis le bas de la station de Vercorin, il suffira de suivre le bisse de Vercorin et de poursuivre en direction de Remointse avant de rejoindre le vallon de Réchy. Vous n’aurez normalement qu’à suivre les traces… 😉 Il est également possible de partir directement depuis le haut des remontées mécaniques, au Crêt-du-Midi.

Cabane du Grand Mountet, 2’886m – Val d’Anniviers

Nous terminons notre périple en fanfare à Zinal, au fond du Val d’Anniviers, au pied de la célèbre couronnes impériale. Prenons un peu de hauteur et partons à l’assaut des glaciers !

Monter à la cabane du Grand Mountet est déjà un but en soi. L’ascension est exigeante, il faudra compter 5 bonnes heures pour 1200D+. Mais une fois là-haut, vous en prendrez plein les yeux ! Le célèbre guide Armand Charlet aurait dit : « lorsque l’on arrive à Mountet, il faudrait se mettre à genoux ». La couronne impériale est à portée de main et nous laisse pantois.

Pour en profiter pleinement et justifier le long voyage jusqu’à Zinal, je vous conseille d’utiliser la cabane du Grand Mountet comme point de départ, d’y rester quelques jours et de réaliser ensuite des courses à la journée. Les itinéraires ne manquent pas. Les plus accessibles restent le Blanc de Moming, le Col Durand et le Trifthorn. Ces itinéraires haute montagne nécessitent toutefois la présence de personnes très expérimentées ou d’un guide et le matériel pour évoluer sur glacier. La cabane ouvre généralement de mi-mars à début mai, alors si vous n’avez encore rien prévu pour le week-end de Pâques, laissez-vous tenter 😉

Belles découvertes et bon ski !

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